Habiter le désert : Lutter contre la désertification avec une nouvelle approche basée sur la robotique

CREER DES OASIS : DEUX APPROCHES; DEUX TECHNIQUES

Le NATAC (navette aérienne de transport automatique de containers)

Les robots pour planter des d’arbres


 

Pourquoi faut il rendre le désert habitable

Quelques ordres de grandeur pour ne pas confondre les milliers et les millions : La Terre est une boule de 6000km de rayon, donc ayant une surface de 450 millions de km2. Dont 150 millions de km2 de terres émergées, dont environ 40% sont inhabitées, comme en témoigne cette vue de la pollution lumineuse sur le site planète.com

Ces zones sont inhabitées car trop chaudes, trop froides ou trop arides. Quand nous parlons de rendre le désert habitable, il ne s’agit pas de modifier le climat ou la géologie locale, mais de construire des bases vie, des oasis, ce qui signifie en grec lieu d’habitation.

Il y a trois familles de problèmes à résoudre :

  1. Des problèmes physiques (la température, la disponibilité de l’eau, la fertilité du sol) qui peuvent se modéliser.
  2. Des problèmes financiers, car il va falloir investir à très long terme, avec des retours qui ne sont pas faciles à chiffrer, comme dans toute question d’aménagement d’un territoire.
  3. Des problèmes humains car il va falloir convaincre des populations d’aller s’installer dans ces territoires qui aujourd’hui ne sont pas attrayants.

Donc pourquoi se lancer dans une entreprise aussi ambitieuse, au lieu de ne rien faire.

  • Les zones inhabitables s’étendent naturellement et il faut lutter contre cette désertification. D’ailleurs l’ONU a un organisme spécialisé dans cette action la CLD ou CNULD, la Convention des Nations Unies pour la Lutte contre la Désertification, signée à Paris en 1994 (UNCCD en anglais). Naturellement, il est moins agréable de vivre en marge des zones agréables que de vivre en leur centre. Les populations ont donc tendance à se concentrer vers les grandes villes, plutôt qu’à se répartir dans tout l’espace disponible. Le principe d’Aristote « La Nature a horreur du vide » ne s’applique manifestement à l’espèce humaine, qui est plutôt grégaire.
  • Pourtant la pression démographique augmente avec l’explosion de la natalité et l’allongement de la durée de vie dans certains pays, avec la montée des eaux prévue par le réchauffement climatique et avec l’extension de la désertification. Il faut donc trouver de l’espace et une méthode est de disperser des oasis dans les déserts pour commencer à y aménager quelques espaces habitables
  • En outre comme l’a démontré l’historien Ibn Khaldoun (1332-1406) les populations devenues nomades parce que repoussées dans le désert, ont tendance à vouloir reconquérir périodiquement les bonnes terres et donc à devenir agressives (il avait même calculé une période de 120 ans, soit trois générations.)

On constate aujourd’hui que le Sahel est peuplé de tribus pauvres manipulées par des terroristes au nom de la religion. Il est donc nécessaire d’y installer une autorité qui fasse régner l’ordre, en apportant bien sûr les moyens de développer le territoire sur des zones réparties. L’approche n’est pas très différente de ce qu’ont fait les américains, après la Guerre de Sécession en quadrillant le territoire avec le chemin de fer entre 1870 et 1910, ni de celle du mouvement monastique (1100-1400), en particulier Cistercien en Europe.

On installe des places fortes et de l’économie pour contrôler un territoire.  Dans une économie moderne, il suffit de 2% du PNB pour faire fonctionner la police et la justice, mais évidemment, il faut déjà arriver à créer un PNB.

Enfin, au moment où certains rêvent de conquérir la Lune, Mars ou Vénus que l’absence d’atmosphère respirable et les températures extrêmes rendent beaucoup moins hospitalières que les pires endroits de la Terre, il est intéressant de se faire la main sur des cas plus simples qui posent les mêmes questions (la physique, l’économie et l’humain) mais en plus facile ; C’est une démarche progressive.

Joindre Alain Bernard : http://rendreledeserthabitable.com/approche/

LE NATAC : ===> Voir l’article

 


Des robots pour planter des arbres

C’est l’idée d’un ingénieur de recherche du Collège de France pour reboiser des territoires.

Mohamed Zaoui est docteur en robotique. Cet ingénieur du CNRS travaille dans un laboratoire du Collège de France, où je l’ai rencontré. Il a imaginé une flotte de robots pour replanter dans les zones arides, comme il peut y en avoir en Algérie, son pays d’origine. Attention, il ne s’agit pas de reverdir le désert !

La dégradation des sols affecte plus d’un milliard d’hectares dans le monde et touche deux milliards d’individus. 164 pays sont concernés.

Le projet est bien avancé. Mohamed Zaoui a déjà mis au point des prototypes, des essais ont commencé. Le but : restaurer les zones dégradées, aider les forestiers à reboiser. Lutter contre la désertification donc, avec une nouvelle approche basée sur la robotique.

Avec une flotte de robots nomades robustes et minimalistes. Le système utilise des petits robots très légers répartis par tâche.

Pourquoi faire appel à des robots, et non à des hommes ?

Je me suis moi aussi posé cette question. Mohamed Zaoui m’a expliqué qu’il n’y a pas assez de bras. Les zones concernées ne sont souvent plus habitées. Dans une région grande comme la Belgique en Algérie, pour reforester, avec des bras humains, il faudrait 6 siècles. Avec les robots, 30 ans…

Cette idée de flotte de robots est originale…

Ces robots sont simples, un par tâche. Ils sont ainsi plus efficaces, peu fragiles. Et puis, leur petite taille permet une meilleure protection des sols déjà fragilisés ou vulnérables.

Mohamed Zaoui a eu cette idée en repensant à son enfance : Il a participé, dans les années 60, au premier projet de reboisement au lendemain de la guerre d’Algérie.

Joindre Mohamed Zaoui : info@r-stepps.fr

Dr. Mohamed Zaoui is CNRS engineer at Collège de France, France’s most prestigious research establishment. His career covers implementation and management of internet networks (Orange, CNRS), space projects (MIR station, Space Shuttle, ISS), navigation strategies, neuroscience and robotics (Collège de France).