“Néo-ottomanisme” et crise en Méditerranée orientale : analyse d’une incompatibilité

« Néo-ottomanisme » et crise en Méditerranée orientale : analyse d’une incompatibilité
Source : http://sepharadesdulevant.fr/page-3/lempire-ottoman/

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La présente étude s’attachera, dans un premier temps, à démontrer que l’expression « néo-ottomanisme », si souvent lue et entendue, s’avère en fait aussi mal appropriée pour qualifier les ambitions actuelles de la Turquie que pour trouver une explication à la crise actuelle en Méditerranée orientale. Il convient, pour bien comprendre les enjeux de ce long bras de fer entre Grecs et Turcs (et leurs partisans respectifs), de revenir sur certaines notions de base comme les eaux territoriales, l’espace aérien national, le plateau continental ou encore la zone économique exclusive qui feront l’objet d’une seconde partie. Il sera alors possible, une fois les positions d’Ankara et d’Athènes précisées et analysées, et avec les incertitudes que comporte un tel exercice, de conclure l’étude avec une tentative de prospective.

La très préoccupante escalade des tensions entre Paris et Ankara qui a conduit, le 24 octobre 2020, à une situation inédite dans l’histoire des relations bilatérales où l’Ambassadeur de France en Turquie a été rappelé par l’Élysée pour consultations, les profondes divergences entre les deux pays sur de nombreux dossiers [Libye, Syrie, Méditerranée orientale, Haut-Karabakh, OTAN avec en particulier l’affaire de la Frégate Courbet, Union européenne (UE) dont la question des migrants, caricatures publiées par le Journal Charlie Hebdo…] ainsi que l’affaiblissement, observé depuis plusieurs années, des principes de l’État de droit en Turquie ne doivent pas pour autant nous conduire à formuler des conclusions hâtives, passionnées et à court terme sur ce pays. Il convient, bien au contraire, d’analyser d’une manière objective les raisons qui ont poussé la Turquie à adopter une telle politique afin de pouvoir se forger une opinion raisonnée. L’enjeu est ici de comprendre pourquoi, depuis de nombreuses années, l’Exécutif turc tient à remettre en cause certains traités internationaux qu’elle juge défavorables à son endroit.

PAR Patrice MOYEUVRE / Chercheur associé à l’IRIS, spécialiste de la Turquie

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