La “dollarisation” au Liban ?

La "dollarisation" au Liban

Le Liban doit décider le plus tôt possible s’il passe par le “dollarisation” pour améliorer les revenus de l’État

La TribuneCHRONIQUE. Nombre de pays ont décidé de ne plus utiliser leur monnaie mais d’adopter le dollar américain comme standard d’échanges. De fait, pour certaines économies mal gérées, ou pour tous les pays rongés par la corruption, la « dollarisation » est souvent le dernier recours permettant d’éviter la liquéfaction. Par Michel Santi, économiste.

Les acteurs de l’économie et les consommateurs sont toujours les premiers à anticiper cette “dollarisation” en se délestant de leur monnaie nationale et en pratiquant toujours plus d’échanges en dollars. Il est en effet tellement plus simple de libeller ses prix en une devise stable que de devoir les modifier quotidiennement s’ils sont exprimés en une monnaie qui ne fait que se déprécier. En refusant de recevoir autres que des dollars, en exigeant d’être payés en dollars, les acteurs économiques achèvent ainsi irrémédiablement leur monnaie nationale et établissent de fait un étalon-dollar. Dans un premier temps, les autorités du pays en question s’attirent les foudres de toute leur population en contrant – à l’aide de passages en force de nouvelles lois et régulations – cet irrésistible mouvement, jusqu’à ce qu’elles finissent par céder à la pression générale.

C’est ce qu’a fait l’Équateur en 2000, et c’est ce que doit décider le Liban le plus tôt possible. Pour ce type de nations, la “dollarisation” officielle améliore les revenus de l’État qui deviennent dès lors libellés en billet vert et non plus en une monnaie subissant frontalement inflation et dévaluations en cascade. L’adoption de la devise US comme unique standard stabilise en outre immédiatement l’inflation, car tous les produits et services deviennent exprimés en une monnaie désormais fiable.

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