Edito du 19 juillet 2020 : NEUTRALITES…

Par Elias Masboungi

NEUTRALITES…

En sociologie, la neutralité permet au chercheur de mettre ses opinions de côté pour être le plus neutre possible dans un souci de clarté et de netteté.

Affublé du qualificatif «axiologique » ce terme signifie un refus de tout jugement de valeur et rejette l’idée qu’une valeur puisse être  et supérieure aux autres par raisonnement scientifique et objectif.

Côté politique, la neutralité a connu au fil de l’histoire diverses déclinaisons telles que ( positive, passive, statique) imposées par les relations internationales et les rapports de force sur le terrain.

La neutralité clamée aujourd’hui par S.B. le patriarche Béchara Raï et diversement reprise ou rejetée par les forces en présence pour ce premier centenaire de la proclamation du Grand Liban d’un autre chef de l’église maronite, il est conseillé de mettre en sourdine les réactions des uns et des autres pour se concentrer sur les paramètres géographique, ethnique, culturel et autres afin de pouvoir raisonner dans une sérénité relative.

Dans la tourmente faite de peurs, d’angoisses, de haines et de passions, il faudra prendre le temps de réfléchir et donner de l’espoir au lieu d’attiser le feu dévastateur du désespoir.

Concrètement, ce petit pays du cèdre enserré et menacé dans son existence même par des voisins qu’il n’a pas choisi et des forces régionales et les grandes puissances, doit être sauvé d’abord et surtout par ses fils et ses propres moyens sans avoir courage et détermination devant l’immensité de de la tâche.

En atténuant autant que possible les voix discordantes et en neutralisant les criminels propos propagés par une info débridée n’inspirant que malheur et anéantissement. 

 

Pour débattre ensuite, faute de solution-miracle, de pistes pouvant mener au bout du tunnel.

Au cœur du débat se trouve donc ce mot magique de neutralité.

Vaste programme. Une neutralité envers qui, avec qui et contre quoi.

Les contradictions et luttes internes étant pour le moment reconnues insolubles, il s’agira pour engager la réflexion de passer en revue les ambitions régionales, les volontés et intérêts des Grands.

Les antagonismes des uns et des autres aux niveaux politique, idéologique et économique menacent notre pays avec une intensité et une violence inédites. Il suffit de regarder vers le sud pour ressentir l’énorme ambition d’un voisin qui compte les jours avant la désintégration  de notre pays tel un vautour qui attend son heure.

A l’Est, la Syrie, nouvel « homme malade » de l’Orient rêve d’une annexion pure et simple, par les transaction de bazar virtuellement bénies par les Grands.

Au Nord et au-delà du pays alaouite, devine  aisément les visées de la puissance régionale qui a déjà un pied en Libye, au nom d’un islam « new look ». M. Erdogan trouverait Au Akkar et à Tripoli un terreau favorable pour réitérer sur notre sol la prouesse de l’annexion du « sandjak » d’Alexandrette.  Et encourager au passage l’annexion partielle d’une partie de la Cisjordanie et déjà claironnée par Israël

On ne peut s’attendre à un tableau plus sombre et les Libanais seraient bien avisés  d’engager, parallèlement aux réformes requises et connues, une sérieuse réflexion sur une formule d’avenir qui pourrait se nommer « neutralité ».  

Et cela devrait se traduire dans les faits par une « Loya Jurga » à la libanaise avec si possible les plus farouches des opposants à l’idée même de neutralité.


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