Depuis l’indépendance du Liban, les guerres se suivent et ne se ressemblent pas.
Après cette libération obtenue sans effort par une puissance mandataire affaiblie, les Libanais n’ont connu que des affrontements internes sanglants que le grand Ghassan Tuéni qualifiait dans ses écrits de «guerres des autres » laissant croire que des pays voisins s’écharpaient sur notre territoire causant les morts, le blessés et les pertes que l’on connaît.
L’insurrection de 1958, c’était Nasser, père du nationalisme arabe contre l’occident et des pétromonarchies voisines.
Laguerre dite civile de 76-90, c’était l’OLP de Yasser Arafat contre Israël puis contre la Syrie.
Sans nous attarder sur les affrontements avec Israël qui a envahi le pays du cèdre plus d’une fois causant les clivages que l’on sait, passons à ces dernières années, aussi sanglantes qui ont laissé sur le terrain une «Révolution » généreusement alimentée par une autre révolution – iranienne cette fois-ci – exportatrice d’un Islam nouveau.
Le terrain libanais était toujours propice puisqu’à chaque guerre, des Libanais entraient dans l’arène aux côtés d’un des antagonistes.
On n’a pas oublié Nasser qui réunissait sous l’éphémère République Arabe-Unie égypto-syrienne une foule de cent à cent cinquante Libanais qui partaient « en pèlerinage » pour entendre les harangues du «Raïss » place des Omeyades.
Plus Nassériens que les Egyptiens, plus syro-baassistes que les partisans d’Assad père et fils et maintenant, plus Iraniens que les Pasdarans les plus coriaces de Téhéran.
Ces « guerres des autres » des Libanais y ont massivement participé au lieu de s’unir pour protéger leur pays. Souvent par des clivages à caractère confessionnel et toujours par intérêt, la corruption étant déjà largement répandue dans le pays
Les exemples le ne manquent pas : partis dits politiques aux ordres de l’étranger, journaux généreusement subventionnés par le voisinage proche et moins proche.
Telles sont, brièvement contées aujourd’hui, les « guerres des autres ». au pays du cèdre
Elles se répèteraient avec plus de violence demain si une prise de conscience nationale et un sursaut patriotique ne venaient pas à bout du clientélisme le plus abject, la corruption la plus dégradante et le fanatisme le plus meurtrier que le Liban vit aujourd’hui.
Une nouvelle génération qui pourrait peut-être entendre cette voix qui crie dans le désert…
E.M.
