« Don Trump » et « Bibi-la-terreur » continuent d’entretenir le flou sur l’inclusion du Liban à tout accord avec l’Iran a de quoi inquiéter les Libanais toutes tendances confondues. Hier encore Donald Trump faisait entendre qu’il avait forcé la main de Bibi lui envoyant un « enough is enough » peu convaincant, laissant Beyrouth négocier avec Tel-Aviv. Ce qui va irriter les dirigeants intégristes du peuple élu qui « constatent » que l’armée libanaise ne peut désarmer le « Hezbollah » dans les circonstances présentes et que l’armée hébraïque peut lui « prêter main forte » par une invasion d’une grande partie du Liban, comme cela a été fait plus d’une fois.
Il reste que lorsque les blindés d’Ariel Sharon avaient en 1982 encerclé les « Fedayine » de Yasser Arafat à Beyrouth–Ouest, scrutant à la jumelle la bataille à partir d’un resto situé sur le toit d’un immeuble du quartier Sursock, il s’agissait de Palestiniens isolés dans une partie de la capitale alors que l’ennemi d’aujourd’hui est un tiers de la population libanaise qui vit sur sa terre depuis des siècles au Liban-sud, dans la Békaa et même dans certains villages du Mont-Liban.
Et si la totalité de la population chiite ne soutient pas aveuglément le «Hezb» un tel scénario ferait grossir les rangs de la milice que tout le monde veut démanteler en vertu du sacro-saint principe du monopole des armes par l’Etat.
Mais de quel Etat parlons-nous aujourd’hui ?
D’un conglomérat de «millets» héritées de l’empire ottoman qui ont survécu au mandat français et gardé intact leur pouvoir à l’ère du Liban indépendant ?
De communautés qui se sont alliées à l’Egypte de Nasser puis à la résistance d’Arafat, à la Syrie d’Assad et puis à l’Iran des « ayatollahs ».
Ou alors d’un Etat en décomposition avancée, d’une Administration gangrenée par la corruption ou d’un pacte diabolique entre banquiers véreux et gangsters heureux… ?
Il faut oser reconnaître et dire cela si l’on veut porter l’espoir et le rêve d’un nouveau Liban sachant que ce ne sera pas pour demain…
E.M.
