Opinion Internationale : Libye, la France et l’Europe doivent intervenir. La chronique de Michel Scarbonchi

OPINION INTERNATIONALE

Libye : la France et l’Europe doivent intervenir. La chronique de Michel Scarbonchi

La guerre de 2011 en Libye vient d’aboutir, chaos après chaos, à une situation surréaliste : Erdogan, le Président turc, est le nouveau maître de Tripoli et de la Tripolitaine.

Comment, en 9 ans, a-t-on pu en arriver là ?

Il a fallu quatre erreurs majeures pour conduire à ce désastre dont les conséquences risquent être lourdes pour la France et l’Union européenne.

La première, bien sûr, est le résultat de la guerre franco-anglaise de 2011. L’impréparation de cette expédition militaire pour éliminer Kadhafi n’avait pas pris en compte le fait qu’après une victoire militaire, il fallait construire les conditions de la paix. Nous laissâmes le pays fracturé et en déshérence. Merci Sarkozy !

La seconde erreur, sous la présidence de François Hollande, fut de ne pas impliquer la France et l’Union Européenne dans le développement démocratique de la Libye et de » laisser la main » à l’ONU.

Fatale faute de diplomates onusiens intronisant un « premier ministre fantoche », Sarraj, et « double faute », en le le laissant pactiser avec les milices islamistes de Tripoli…

La troisième erreur, en 2014, consista autant pour l’ONU que pour l’UE à ne pas empêcher la prise de contrôle de la capitale par les milices en réponse à la victoire des « libéraux » contre les islamistes dans la nouvelle Assemblée Nationale.

La seule institution élue de Libye avait dû fuir à Tobrouk pour siéger…Elle est aujourd’hui à Benghazi.

Quant à la quatrième erreur- la plus incompréhensible- elle réside dans l’incapacité des Européens à bloquer, en Méditerranée, les bateaux turcs acheminant blindés et hommes à Misrata et Tripoli, malgré le blocus sur les armes décrété par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Qui plus est, notre frégate d’intervention a été » éclairée » par les navires turcs, ce qui constitue un acte de guerre… La France a « riposté » en suspendant temporairement sa participation aux opérations de surveillance de l’Otan en Méditerranée orientale, le temps d’obtenir des clarifications de l’Alliance atlantique. Ankara conteste les faits et réclame des « excuses » à la France.

Si l’Europe n’est même plus capable d’assurer la sécurité de son flanc sud, pourquoi parler encore d’Europe de la Défense… LIRE LA SUITE