Les experts compétents et objectifs estiment à 23 à 25 milliards de dollars US le coût de la remise sur pied du Liban après les crises et guerres de ces dernières années, dont 8 milliards pour la seule reconstruction la banlieue de Beyrouth et du Sud-Liban, le reste étant destiné à l’indemnisations des habitants de toutes les zones sinistrées.
On comprend que tant que les trêves et les cessez-le-feu demeurent aléatoires, il faudra planifier, réformer, restructurer les secteurs public et privé en état de décrépitude avancée, analyser les causes du cataclysme et œuvrer pour une réconciliation entre les composantes du pays nées des structures confessionnelles établies sous l’empire ottoman et maintenues après le mandat français.
C’est que les querelles changent de genre et les belligérants changent de camp ou d’alliances externes. Pour ou contre l’appartenance au monde arabe, pour ou contre le nationalisme de Nasser, le soutien à la cause des Palestiniens et leur guerre de libération menée à partir du territoire libanais.
Sans oublier plus récemment les pro et anti syriens lors de la récente occupation considérée par certains comme une «présence fraternelle» et un soutien à pays-frère en danger. Ou, aujourd’hui, l’allégeance d’une fraction importante des Libanais à l’Iran exportateur de révolution islamique et de pétrole. A la différence que ces derniers, menés par le « Hezbollah » défendent une cause et un territoire ancestral.
Les tenants de la « guerre des autres » et les théoriciens de la «libanité » pure et dure accusent les autres d’allégeance avec l’extérieur en minimisant les méfaits des soutiens de l’extérieur.
On voit qu’avec tout cela il est difficile de retrouver un climat propice à un rapprochement entre ce que l’on se plaît à appeler les « familles libanaises » qui ont hérité et consolidé le système des « millets » de l’ère ottomane.
Très peu de chances, ou presque aucune, de lancer le méga-chantier des réformes et du sauvetage d’un pays exsangue, miné et ruiné par une corruption plus galopante que jamais.
L’aide internationale demandée et même cette qui est accordée ne peut servir dans la conjoncture actuelle et encore moins l’aide de la diaspora qui a perdu ce qu’elle a investi dans la mère-patrie par la « mafiocratie » toujours présente.
Les réformes et les vœux pieux des Libanais sont évidemment présents dans les esprits bien-pensants et chez les citoyens honnêtes qui ont hélas perdu leur épargne.
Mais par qui quand et comment sauver le navire en détresse ?
E.M.
