Reprenant le titre quelque peu prémonitoire du livre de Marc Hillel (Israël en danger de paix) paru chez Fayard en 1969, épuisé et non réédité, il faut évoquer des développements récents et moins récents qui expliquent l’humeur de Benjamin Netanyahou lors de ses rencontres fréquentes avec Donald Trump.
Un Donald Trump qui n’a pas manqué de donner des sueurs froides à son invité de la Maison Blanche par ses propos volontairement subtils.
Outre les non-dits, des éléments d’actualité permettent de comprendre non seulement les humeurs de Bibi mais aussi les divergences de plus en plus palpables de responsables politiques et militaires de l’Etat hébreu.
Parallèlement, l’actualité régionale apporte de quoi ébranler la fermeté de l’extrême droite hébraïque.
Il suffit de citer ce récent pacte entre L’Egypte et la Turquie qui pourrait tourner la page de la coopération militaire avec Ankara et de l’accord de paix avec Le Caire.
Un rapprochement provoqué par la tragédie de Gaza et l’annexion de la Cisjordanie qui a calmé les ardeurs de Ryad en faveur du processus abrahamique et dénoncé les crimes des soldats et colons sur le terrain.
Une telle alliance pourrait bouleverser le statu quo qui régnait entre le Nil et le Bosphore pour céder la place aux graves dangers que connaissent la Syrie, le Liban et l’Irak.
Plus loin, de l’Amérique amie à l’Europe conciliante, des générations montantes exigent de leurs gouvernements des explications sur cette incompréhensible et coûteuse alliance conclue depuis 1948 avec le sionisme pur et dur qui continue de rejeter toute solution équitable, notamment celle des « Deux Etats ».
Il faut ajouter à tout cela les nouveaux rapports de force entre les grandes puissances et la redéfinition des blocs qui s’imposeront au monde de demain qui pourraient changer la donne et redéfinir les alliances d’aujourd’hui.
En danger de paix hier et aujourd’hui. Mais autrement…
E.M.
