L’histoire – en tant que processus global, et non comme une succession d’anecdotes sans cohérence – nous confronte à un moment charnière où la structure du pouvoir impérialiste américain, de connivence avec le sionisme international, vacille sous le poids de ses propres contradictions. Nous n’assistons pas à des conflits isolés à Gaza, au Liban ou en Iran, mais plutôt à une guerre d’agression systématique orchestrée par le bloc impérialiste anglo-israélien, qui cherche à consolider, par la force brute, une hégémonie qui s’effrite économiquement et moralement. Cette offensive n’est pas une réaction défensive : c’est un projet d’“accumulation par dépossession” et de réorganisation régionale qui utilise le génocide du peuple palestinien comme laboratoire d’une nouvelle barbarie mondiale.
Pour comprendre et démêler les tenants et les aboutissants de cette conflagration, il est impératif d’examiner l’imbrication obscène entre intérêts privés et politique d’État. Comme l’a méticuleusement documenté Pepe Escobar dans sa récente enquête (Kushner Porn — Netanyahu a dormi dans la chambre de Jared Kushner — et le FBI affirme que Jared est devenu le président de facto des États-Unis, The Phantom Directive, Substack, 28 mars 2026), l’intimité politique et privée entre des personnalités telles que Jared Kushner — gendre de Donald Trump par son mariage avec Ivanka Trump — et Benjamin Netanyahu — qui a même dormi dans l’ancienne chambre de Kushner — n’est pas un détail anodin. Elle est symptomatique de ce que l’auteur appelle une « porno-politique » : le moment où la diplomatie se privatise au service de projets messianiques et prédateurs.
Cette relation, à la fois symbolique et matérielle, explique l’impunité des violations du droit international, qui ont transformé la politique étrangère américaine en une extension des ambitions expansionnistes du sionisme le plus radical. Le chemin qui mène de la chambre de Kushner au Bureau ovale, en passant par sa fréquentation des réseaux Chabad-Lubavitch — dont les opérations, selon les archives Epstein, incluent le financement d’organisations par le biais de fondations —, et le mentorat d’Alan Dershowitz, l’avocat américain d’Epstein et de Donald Trump — que ces mêmes archives relient à des activités proches du Mossad —, n’est pas qu’une anecdote biographique : c’est l’histoire d’un canal d’influence qui a fait d’un simple conseiller familial, Jared Kushner, une figure centrale de la prise de décision, au détriment des canaux diplomatiques traditionnels.
L’ agression contre l’Iran, qui s’étend aujourd’hui au Liban, a été anticipée avec une clarté étonnante par Fidel Castro dans ses “Réflexions” entre 2010 et 2012. Le Commandant avait averti que l’impérialisme commettait une erreur de calcul historique en essayant d’appliquer à l’Iran la même stratégie d’intervention qu’à l’Irak. L’Iran n’est pas une nation fragmentée ou divisée : c’est une société dotée d’une mémoire historique de la résistance et d’une capacité de riposte qui transcende le domaine militaire pour se muer en facteur de mobilisation totale. Fidel avait souligné qu’une guerre contre l’Iran serait non seulement un crime contre l’humanité, mais aussi un suicide de l’ordre économique capitaliste
.Les données actuelles confirment cet avertissement. Des rapports récents indiquent que la destruction de 30 % à 40 % des infrastructures énergétiques du Golfe a déjà déclenché une crise d’approvisionnement sans précédent. En conséquence immédiate, le prix du Brent a bondi de 60 % en mars 2026, atteignant 115 dollars le baril — la plus forte hausse mensuelle de l’histoire. La rhétorique de Donald Trump, qui a ouvertement avoué son intention de “s’emparer du pétrole iranien” – une expression réitérée lors d’événements publics et dans ses déclarations –, n’a rien d’un propos étourdi : c’est la verbalisation d’un banditisme international cherchant à soutenir un système financier moribond en faisant peser le fardeau de la guerre sur les économies dépendantes du Golfe.Pepe Escobar dissèque les rouages de cette décision : alors que des médiateurs indépendants – Qatar, Oman et le conseiller britannique Jonathan Powell – affirmaient qu’un accord diplomatique était “à portée de main”, et que les services de renseignement américains mettaient en garde qu’une attaque ne ferait que consolider l’unité nationale iranienne, le Mossad a présenté un plan opérationnel optimiste censé provoquer une rupture. La balance a penché en faveur de la force parce que Jared Kushner a directement transmis ce scénario opérationnel israélien à Donald Trump. Ce n’était pas un conflit inévitable : c’était un choix, fait via un canal d’influence privé qui a donné la priorité aux intérêts d’un réseau dynastique et des services de renseignement étrangers (le Mossad) plutôt qu’au jugement de l’appareil d’État.
Du point de vue de la géopolitique, le génocide en Palestine s’apparente à l’épicentre d’une onde de choc tentant d’anéantir toute souveraineté au sein de ce qu’on nomme « l’Axe de la Résistance ». L’incapacité du bloc historique dominant à instaurer un consensus ou une st abilité le pousse vers la « guerre perpétuelle » comme unique moyen de survie. Cependant, cette course folle ignore les conséquences tectoniques pour le système international. Le repositionnement de l’axe du pouvoir vers la multipolarité et la perte croissante de pertinence des institutions d’après-guerre ne sont pas des processus abstraits : ils sont la conséquence directe de cette violence aveugle.Les conséquences de cette escalade sont catastrophiques. La perte d’innombrables vies humaines et la destruction de milliers d’années de culture dans la région ne sont que quelques-unes des conséquences. Nous nous exposons au risque imminent d’une conflagration qui, comme l’a souligné Fidel, pourrait entraîner l’utilisation d’armes nucléaires, tant les puissances belliqueuses sont frustrées par leur incapacité à remporter une victoire conventionnelle. La résistance au Liban et en Iran n’est pas qu’une riposte militaire : c’est la manifestation de la détermination collective enseignée par le matérialisme historique comme force motrice du changement face à l’oppression.
Si cette guerre d’agression perdure, l’effondrement de l’ordre impérial ne se produira pas en douceur, mais se soldera par une implosion entraînant dans sa chute économies et structures politiques tributaires de l’Occident collectif. L’histoire ne pardonnera pas la complicité ou la passivité face à la tentative de refonte de la carte du monde sur les cendres de peuples entiers selon un consensus général. Pour mettre un terme à cette descente aux enfers, il faut avant tout prendre conscience que la lutte des peuples iranien, libanais et palestinien n’est autre qu’une lutte pour la survie de l’humanité face à la barbarie terminale de l’impérialisme. Traduit par Spirit of Free Speech |