Beyrouth deviendra-t-elle une ville démilitarisée ?

M. Ahmed Al-Hachmiyeh est considéré comme l’une des personnalités
beyrouthines marquantes qui a su imposer son nom ces dernières
années sur les plans social et politique.

M. Al-Hachmiyeh préside les associations « Association de Beyrouth
pour le Développement Social» et « Imkan », deux organisations
actives dans les domaines sociaux et du développement. Elles œuvrent
notamment à lancer des initiatives destinées aux jeunes et aux familles
dans le besoin, ainsi qu’à promouvoir des projets à vocation sociale.
Par le biais de ces deux institutions, il a contribué à soutenir plusieurs
activités et programmes visant à améliorer les conditions de vie et à
renforcer l’esprit de solidarité au sein de la société beyrouthine.

Il compte également parmi les figures présentes dans les débats publics
liés aux questions beyrouthines et libanaises. À travers ses positions et
ses déclarations, il exprime régulièrement son intérêt pour les
problématiques de la capitale et les préoccupations de ses habitants,
tout en prenant part à des initiatives et manifestations à caractère social
et politique.

Par ailleurs, outre sa présence dans la vie publique, M. Ahmed Al-
Hachmiyeh est connu pour être l’un des rares Libanais à détenir la
nationalité Saoudienne, une particularité relativement peu répandue
parmi les personnalités libanaises, qui confère une dimension
particulière à son parcours et à ses relations dans la région.

Dans ce contexte, le nom d’Ahmed Al-Hachmiyeh a émergé, pour une
partie des observateurs, comme l’un des visages beyrouthins
susceptibles de jouer un rôle de premier plan dans la prochaine phase,
notamment en raison de sa présence populaire et de l’étendue de ses
relations sociales. À cela s’ajoute le fait qu’il n’est pas connu pour
avoir été impliqué dans le système traditionnel du pouvoir libanais ni

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dans les réseaux de corruption souvent associés aux élites politiques au
pouvoir et au partage de l’influence entre elles.
Dans le contexte de la guerre en cours, la scène libanaise traverse des
conditions exceptionnelles qui pèsent sur l’ensemble des régions, en
particulier sur la ville de Beyrouth qui accueille le plus grand nombre
de déplacés. Ceux-ci ont été répartis dans plusieurs centres
d’hébergement, notamment des écoles et des infrastructures publiques,
afin d’assurer un minimum de protection et d’assistance humanitaire.
Toutefois, malgré sa dureté, cette crise a également révélé de sérieux
défis sécuritaires nécessitant une approche rapide et rigoureuse de la
part de l’État et de la société.
Dans certains centres d’hébergement, un phénomène préoccupant est
apparu : Certains déplacés détiennent des armes, ce qui constitue une
menace directe pour la sécurité des personnes présentes dans ces
centres, et suscite également des inquiétudes légitimes parmi les
habitants des quartiers voisins, déjà soumis à la pression d’une situation
sécuritaire fragile. La présence d’armes dans un environnement
densément peuplé de civils comprenant des femmes, des enfants et des
personnes âgées accroît le risque d’incidents tragiques, qu’ils soient
intentionnels ou accidentels, transformant les lieux de refuge en sources
permanentes de danger.
Dès lors, la nécessité d’une intervention immédiate et décisive de l’État
libanais s’impose, à travers ses institutions sécuritaires et
administratives, afin de contrôler cette situation et d’empêcher la
prolifération des armes dans les centres d’hébergement, garantissant
ainsi la protection des innocents et la préservation de la stabilité
sociale. La responsabilité de l’État ne se limite pas à fournir un abri,
mais inclut également l’assurance d’un environnement sûr, exempt de
toute menace.
Dans ce cadre, les initiatives civiles revêtent une importance
particulière, notamment celles menées par des associations actives sur
le terrain. L’association «Association de Beyrouth pour le
Développement Social» constitue un exemple notable, puisqu’elle gère
environ six écoles utilisées comme centres d’hébergement à Beyrouth,
ce qui la place en première ligne pour suivre ces défis de près.

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Partant de cette responsabilité, il devient nécessaire de lancer une
campagne nationale à dimension politique et sociétale, visant à
promouvoir l’idée d’une « Beyrouth démilitarisée ». Cette initiative ne
se limite pas à traiter un phénomène conjoncturel, mais constitue une
porte d’entrée pour réaffirmer le rôle de l’État en tant qu’unique
détenteur de la légitimité des armes, et pour renforcer le concept de
sécurité collective fondé sur l’État de droit.
L’appel à une « Beyrouth démilitarisée » est un appel à protéger le
tissu social, à consolider la stabilité et à restaurer la sérénité parmi les
citoyens comme les déplacés. Il s’agit également d’un message clair :
La sécurité ne peut être assurée que par les institutions de l’État, et non
par les manifestations d’armement individuel qui ne font qu’aggraver la
situation.
Dans cette phase délicate, l’enjeu repose sur la conscience des Libanais
ainsi que sur la capacité des acteurs concernés, publics et privés, à
coopérer pour lancer un processus sérieux mettant fin au chaos des
armes et établissant une ville plus sûre et plus stable, où Beyrouth
redevient véritablement un espace de vie et non un terrain de danger.
Reste à savoir si Ahmed Al-Hachmiyeh parviendra à concrétiser son
initiative visant à faire de Beyrouth une « ville démilitarisée », et s’il
obtiendra le soutien nécessaire des forces politiques et des acteurs
présents sur le terrain.

Y.K.