Cisjordanie : à l’ONU, 85 pays dénoncent l’extension des colonies israéliennes

Dans une déclaration commune, quatre-vingt-cinq Etats membres des Nations unies (ONU), dont la France, ont fermement condamné, mardi 17 février, l’adoption par Israël de nouvelles mesures visant à « étendre [sa] présence illégale » en Cisjordanie occupée et ont également réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d’annexion ».

Le gouvernement israélien a décidé, dimanche, d’accélérer le processus d’enregistrement foncier en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, une semaine après avoir approuvé un texte facilitant les achats de terres par les colons.

« Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d’Israël en Cisjordanie. Ces décisions sont contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées », ont affirmé au siège de l’ONU, à New York, ces 85 Etats membres, dont la France, la Chine, l’Arabie saoudite ou encore la Russie, ainsi que plusieurs organisations, comme l’Union européenne (UE) et la Ligue arabe.

« Nous réitérons notre rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, la nature et le statut du territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est. Ces mesures violent le droit international, compromettent les efforts déployés en faveur de la paix et de la stabilité dans la région (…) et mettent en péril la perspective d’un accord de paix mettant fin au conflit », ont-ils encore déclaré.

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La nouvelle disposition prévoit le financement à hauteur de 244 millions de shekels (près de 67 millions d’euros) d’une opération de régularisation des titres fonciers dans la zone C, sous contrôle israélien, qui représente environ 60 % du territoire de la Cisjordanie, a expliqué l’ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation.

« Annexion illégale »

L’ONU, plusieurs pays arabes et l’UE avaient déjà dénoncé, lundi, l’adoption par Israël de ces nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait notamment appelé l’Etat hébreu à « revenir immédiatement » sur ces mesures, qui « ne sont pas seulement déstabilisantes mais, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice, illégales ».

L’UE a, elle aussi, répété que « l’annexion [de la Cisjordanie] est illégale au regard du droit international », tandis que le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des « actions illégales » qui visent à « imposer [l]a souveraineté [de l’Etat hébreu] sur les terres palestiniennes » et menacent « d’aggraver le conflit » israélo-palestinien.

De son côté, l’Autorité palestinienne a « condamné avec force » la décision adoptée dimanche et a rejeté « toute tentative de désigner des terres de Cisjordanie comme “territoire public” sous contrôle de la force d’occupation ». Elle a jugé ces mesures « légalement invalides » et revenant au « début de facto d’un processus d’annexion ».

La colonisation s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967. Elle s’est nettement intensifiée sous celui de Benyamin Nétanyahou, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023.

Hormis Jérusalem-Est, occupée et annexée par l’Etat hébreu, plus de 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

Le Monde avec AFP