Le nouvel « Irangate » ne ressemble en rien au scandale politico-militaire survenu aux USA dans les années 1980 sinon par le machiavélisme de Donald Trump qui veut éviter un affrontement coûteux avec l’ennemi persan sans tirer le premier et perdre hommes, des armes et de précieuses amitiés dans la Péninsule Arabique.
Pile, je tire le premier, face je fais traîner inlassablement la négociation et recherche une entente sur le dossier nucléaire et les autres points litigieux.
Il reste qu’à ce jeu, le risque est d’être entraîné, sur le champ de bataille par Israël qui imposerait à « Trump-la-mort » un coûteux pacte avec l’allié avec un risque de demi-défaite sur terre et sur mer.
Sans compter l’énorme coût d’une rupture avec certaines pétro-monarchies et autres alliés du coin. Une rupture qui ne peut se réparer pour l’instant ni par pétrole vénézuélien ni par les minéraux sous-glaciaires du Groenland.
Pertes collatérales : un regain d’hostilité de la part du tandem « Chine-Russie » et un éloignement de puissances régionales alliées.
Pour l’instant, il crie son attachement à la paix sans savoir si le frère Bibi n’appuiera pas sur la gâchette.
Les contacts, réunions, pourparlers et négociations se poursuivent certes, mais le vis-à-vis iranien entretient un flou hérité des traditions millénaires qu’un esprit cartésien occidental ne peut pas comprendre, ce qui peut provoquer une étincelle puis un embrasement général.
L’Iran n’est ni l’Afghanistan, ni l’Irak. Son système repose sur trois pouvoirs parallèles qu’il faut pouvoir et savoir déchiffrer avant toute négociation.
Ce qui ne semble pas être le cas puisque seule la menace d’anéantissement est brandie. Le vaste territoire hérité de Cyrus le Grand ses communautés et ethnies ne permettent pas une domination par escadres et escadrilles.
Dans ce climat délétère, les voisins arabes de l’Iran seraient de grands perdants et il faudra que l’Oncle Sam renégocie tous ses accords, stratégiques et d’hydrocarbures avec L’Arabie, le Qatar et ses autres amis de la région s’il compte rester sur place. Car il n’échappé à personne que le royaume wahabite envoie déjà des signes inquiétants pour les accords pétroliers en cours et que d’autres voisins pourraient suivre.
La version 2026 de l’Irangate est bien plus risquée que le simple échange « armes-contras » du siècle dernier.
Le « Roi du Monde » vit un 2e mandat difficile qui ne lui laisse ni le temps ni la sérénité pour réfléchir à son aise et trouver la bonne décision.
Sur la difficile question de savoir si Israël « vaut bien une messe ».
E.M.
