Riad Salamé ou la responsabilité sélective

Non, la plus grande catastrophe économique de l’histoire moderne du Liban ne relève pas de la responsabilité d’un seul homme.

Et si Riad Salamé était jugé demain pour actes ou attitudes répréhensibles lors de son mandat de gouverneur de la Banque du Liban, il ne faudrait pas ignorer ou feindre d’ignorer que le cataclysme est la conséquence de politiques financières, monétaires et économiques prônées et suivies par l’ensemble de ceux qui ont gouverné le Liban depuis une quarantaine d’années. En parfaite connaissance de cause si l’on en juge par les mille et un avantages réalisés par des bénéficiaires toujours en place.

On pourrait dès lors se demander qui va juger qui, quand et comment ?…

Et déblatérer longuement sur l’article 13 du code de la monnaie et du crédit ou les prérogatives de la BDL, des pouvoirs de son gouverneur et de ses relations avec les gouvernants du pays.

L’autonomie de la Banque Centrale ne peut absoudre les et juridique puisque gouvernements qui ont régné au Grand Sérail de la catastrophique gestion des affaires aux niveaux constitutionnel et juridique. Puisque c’est l’Exécutif qui conduit les affaires politiques et économiques, en exerçant son contrôle sur la Banque du Liban conformément aux les lois en vigueur.

Dès lors, comment faire croire aux Libanais que Riad Salamé est le seul responsable de la catastrophe alors que les gouvernements successifs adoptaient et faisaient approuver le budget de l’Etat accroissaient les dépenses publiques, accordaient abusivement les privilèges dont ils étaient les bénéficiaires en s’abstenant de limiter les dégâts alors qu’il en était encore temps.

Telle est la cause réelle de l’acharnement sur Riad Salamé qu’on veut accuser de tous les maux du pays. Mais, encore une fois, qui va juger qui, quand et comment…

                                                                    E.M.