ANTOUN SEHNAOUI, MÉDAILLE D’OR DU FAIT ACCOMPLI

Ni pacifiste ni traître…

Antoun Sehnaoui qui a défrayé la chronique en laissant publier sa photo avec Bibi et son épouse, conviés à des agapes commémoratives à Washington vient d’ajouter à son palmarès de super-banquier une nouvelle frasque où se mêlent l’entregent, la séduction et l’ambition.

Ennemi d’une cause supranationale pour les uns, précurseur éclairé à l’aube d’une ère nouvelle dans cet « orient compliqué » pour les autres, il déclenche une vive polémique dans le monde politique et les médias. Certains lui reprochant un crime abominable passible pires sanctions alors que d’autres estiment qu’il a tout simplement avancé trop vite sur la voie d’une normalisation libano-israélienne prônée, clamée et dûment négociée en haut lieu.

Mais Antoun Sehnaoui fait parler de lui en tant qu’argentier-politique engagé sur un chemin semé d’embûches avec des alliances mésalliances porteuses de violentes critiques et d’attaques où les médias locaux s’en donnent à cœur joie. 

L’affaire Sehnaoui a finalement engendré deux camps. A savoir, ceux qui estiment que la loi sur le boycott d’Israël qui punit tout citoyen libanais pour collusion avec l’ennemi désigné par l’accord d’armistice de 1948. Et le camp de ceux qui accablent et accusent Sehnaoui de salir la mémoire des martyrs de la « Nakba » de l’époque et des quinze mille combattants morts à Gaza, au Liban-sud et en Cisjordanie.

Mais la conséquence la plus grave est le silence assourdissant de la classe politique qui ne veut ou n’ose pas se prononcer sur l’affaire. Ce qui met les magistrats dans une position pour le moins inconfortable, pour ne pas dire une situation inquiétante et hautement préoccupante.

Entre la ligne dure d’une partie de l’opinion et l’indifférence d’une autre partie, la problématique ne réside pas en la personne de l’entreprenant Antoun mais dans la manière dont la justice devrait agir  dans un pays en décomposition où d’aucuns sont engagés dans une bataille contre un ennemi féroce alors que d’autres continuent à parler de «la guerre des autres » et accuser au passage la victime de l’avoir provoquée et ignorant celui qui a tiré le premier.

D’Antoun Sehnaoui, on retiendra l’image de celui qui a pu décrocher la médaille d’or du fait accompli.

                                                                                                                                               E.M.