Les relations harmonieuses avec les Juifs dans l’Antiquité
L’histoire millénaire des Perses et des Juifs est tissée de liens, d’une mémoire partagée nourrie de figures vénérées par les deux peuples, tels Cyrus II, libérateur des Hébreux, ou Xerxès Ier. Poursuivie sous les Pahlavi, cette relation est reniée par la République islamique depuis 1979.
Tout commence avec Cyrus II, le roi achéménide. Ce souverain charismatique et visionnaire, né au sein de la tribu des Pasargades, conquiert Babylone en 539 av. J.-C. et change à jamais le destin du peuple juif. Alors que les Hébreux, qui ont été déportés par Nabuchodonosor II après la chute de Jérusalem, survivent en exil, il leur ouvre les portes de la liberté. Par un édit gravé – comme le commande la tradition royale – sur un cylindre d’argile, il abolit l’esclavage, garantit la liberté de culte et ordonne la reconstruction du Temple de Jérusalem, qui sera financée sur ses deniers et supervisée par Zorobabel, gouverneur de la province perse de Judée, décrit comme l’un des ancêtres de Jésus- Christ dans l’Évangile de Matthieu (Matthieu 1.12). Sa décision, d’une rare mansuétude, fait de lui un « messie » dans les textes sacrés juifs. « Moi, je marcherai devant toi ; les portes de bronze, je les briserai », dit l’Ancien Testament, attribuant à Cyrus le Grand une stature divine. À cette époque, nombre de Juifs choisissent de demeurer en Perse. Ils participeront au rayonnement de l’empire en tant que conseillers des rois, ou simples artisans de son essor.

