Par Joseph Saade
La visite du commandant des Forces armées libanaises (FAL), le général Rodolphe Haykal, à Washington du 2 au 5 février 2026, relevait de l’équilibriste. Si ses objectifs militaires ont été atteints, cette mission a surtout révélé l’incompatibilité fondamentale entre les exigences de la politique étrangère américaine et les réalités politiques internes du Liban.
Cette friction menace directement le consensus bipartite qui sous-tend l’aide militaire américaine et assombrit l’avenir opérationnel des FAL, donnant une importance capitale à la conférence de Paris à venir.
Invité par l’état-major interarmées américain, le général Haykal a mené des discussions substantielles au niveau militaire. Son agenda chargé inclut des rencontres avec de hauts conseillers de la Maison Blanche, des responsables des départements de la Guerre et d’État, le général Dan Caine, président de l’état-major interarmées, ainsi que des sessions à la CIA et au Conseil de sécurité nationale.
Ces échanges, axés sur le renforcement de la coopération et des capacités des FAL, ont été positifs. Des officiels américains ont salué la mise en œuvre du plan de sécurité au sud du Litani, décrivant l’armée comme « l’institution garante de la sécurité et de la stabilité au Liban ». Ce dialogue professionnel confirmait la vision des FAL comme un pilier non confessionnel indispensable pour la stabilité régionale.
Graham : l’anomalie
Cependant, cette dynamique constructive a volé en éclats lors d’une rencontre aussi brève qu’explosive avec le sénateur Lindsey Graham (républicain de Caroline du Sud), président de la commission budgétaire et membre de la commission des crédits du Sénat. Graham a posé une question directe et chargée politiquement : « Considérez-vous le Hezbollah comme une organisation terroriste ? »
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