Le 18 août, des F16 estampillés de l’étoile de David bombardaient sauvagement l’aéroport syrien d’Abou-Douhour au nord de la Syrie, à 70 kms de la frontière turque.
Objectif : une base aérienne désaffectée alors qu’une délégation technique turque se trouvait sur place pour étudier la réhabilitation du site. L’opération a non seulement soulevée l’ire de Tom Barrack, ambassadeur américain à Ankara et représentant permanent à Damas, mais inquiété l’Arabie Saoudite et le Pakistan qui viennent de conclure avec la Turquie un pacte destiné entre autres objectifs à calmer les ardeurs de Tel Aviv et de Téhéran.
Une alliance tripartite qui cherche sa place sur la nouvelle carte du Moyen-Orient dessinée Donald Trump.
Une carte qui pourrait tolérer une occupation par Israël du sud de la Syrie et du Liban et favoriser une annexion turque du nord-syrien. Objectif clairement revendiqué plus d’une fois par le président Erdogan qui a clamé plus d’une fois : « Alep, Kamichli et le nord de la Syrie de la Méditerranée à L’Euphrate « bizimdir » (sont à nous) en tant qu’héritiers de l’ancien empire ottoman.
De quoi terroriser aussi bien les Syriens que les Libanais. Les premiers craignant un enserrement dans le « triangle sunnite » (Damas, Homs et Hama).
Les seconds, c‘est à dire les Libanais, redoutant un délitement du pays du cèdre qui pourrait devenir une mosaïque ingouvernable gérée par des chefs de bande dont certains sont déjà en place.
Pris entre l’enclume turque et le marteau israélien, les deux pupilles de l’ancien mandat français du Levant déjà si compliqué permettrait au « peuple élu » d’espérer sur la terre promise une paix durable aussi longtemps que la démographique le permettra.
Sombre tableau pour les nouvelles générations qui devront se soumettre au fait accompli ou lutter encore et encore contre le camp des plus grands, des plus forts.
Ceux qui veulent faire le monde et le refaire pour maintenir leur intemporelle puissance.
E.M.
