« C’est si facile de dire la vérité ; c’est un luxe de paresseux » Jean Cocteau (8 avril 2022)

Xavier Houzel

En politique, l’élection présidentielle s’apparente à l’étape d’une instance judiciaire où les parties soumettent contradictoirement leurs opinions au verdict des jurés. Le président sortant, s’il est candidat à sa réélection, est « mis en examen ». N’ayant qu’une copie vierge, les candidats concurrents bénéficient du doute. En droit pénal, c’est le parquet – autrefois le procureur du roi – qui apporte les éléments démontrant la culpabilité du prévenu ; mais en politique, c’est la presse qui tient lieu de parquet : la presse s’arroge la charge de la preuve. Parfois la presse retient cette raison pour mentir comme un arracheur de dents.

Emmanuel Macron est le président sortant. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Jean-Pierre Chevènement a défendu ses prises de positions. Le bilan de l’action de ce dernier au Levant, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest a été passé au crible sans concession dans les colonnes de la plupart des journaux. Or la presse a fait l’économie des critiques constructives. Pour respecter le « principe du contradictoire » et pour que l’élection soit valide, l’examen de l’accusation et le procès des détracteurs restent à faire, de même que l’appréciation des circonstances. Il faut s’assurer que le locataire de l’Élysée est bien l’auteur des faits qui lui sont reprochés. Et prouver que ce dernier aurait pu agir autrement. Parfois, des attitudes et des dispositions dont on ne voyait pas le bien-fondé dans l’immédiat apparaissent, après coup, comme justifiées. Les dernières pages du bilan des bilans de la politique étrangère de la France depuis cinq ans s’égrènent comme un chapelet, un jour de pénitence.

 

L’Algérie, d’abord ! Il faut se rappeler que l’Algérie est une partie de la France, la France fait partie de l’Algérie : les deux nations s’abreuvent sur les rives de la Mer Méditerranée. Les relations entre Paris et Alger demeurent compliquées depuis l’indépendance. Elles se sont quelque peu apaisées mais elles resteront à jamais passionnelles. L’Algérie indépendante des années 60 devint la Mecque des révolutionnaires de tout poil : anti-franquistes, Black Panters, cheguevaristes et tant d’autres trouvèrent refuge et soutien dans le pays du FLN. Fidel Castro enverra ses avions, ses blindés, son artillerie à ses frères algériens pendant la « guerre des sables » ! L’ADN de la jeune république perpétuait les gènes de l’anti-impérialisme ; ses alliés soviétiques formaient ses officiers ; ils resteront fidèles à la Russie de Poutine. Afficher la moindre sympathie pour la France dans les académies militaires était du domaine de l’impossible, ou presque (parce que des liens inaltérables avaient été tissés lentement, secrètement, entre les êtres).

Quand le danger est là, pourtant, la coopération s’active, les réflexes sont les mêmes. Ce sera le cas pendant la « décennie noire », lorsque la contestation islamiste dégénéra en émeute. La réponse du pouvoir aux premiers attentats terroristes fut une répression plus impitoyable encore que celle infligée jadis par les Français. Au slogan « Mitterrand soutient Chadli », le président Chadli Bendjadid déclarera à Paris devant deux mille personnes : « Il faut laisser le passé à l’Histoire… nous construisons l’avenir ! »

Les Algériens avaient toutefois leur préférences. C’est Jacques Chirac qui, à leurs yeux, personnifiait l’espoir. En 2003, la France, qui venait de refuser de participer à l’invasion de l’Irak aux côtés des Américains et de leurs alliés, était devenue une véritable amie. Les questions de l’émigration et de la double nationalité restaient difficiles à gérer. Pourtant, les exportations françaises vers l’Algérie bondirent (de 300% en quelques mois). Les années Bouteflika renforcèrent la puissance de l’armée. La proximité retrouvée entre les deux pays n’atténuera pas le discours anti-français : le régime avait besoin de cette rente mémorielle. C’est ce glacis « secret défense » qu’Emmanuel Macron s’est efforcé de faire fondre en y mettant de la chaleur. Depuis De Gaulle et à l’exception de Chirac, qui avait arpenté les Aurès et éprouvé dans sa chair un sentiment d’appartenance à la Terre, aucun président de la République Française n’a témoigné autant d’attachement à l’Algérie (des deux côtés de la mer) que l’actuel chef de l’État depuis cinq ans. Le désir de la France de passer sous silence mais de se faire pardonner ce qui peut l’être est un geste d’amour adulte. Emmanuel Macron a fait ce geste, sachant combien de souvenirs communs et de cicatrices partagées une séparation aussi compulsive que celle qui fut décidée par De Gaulle d’avec l’Algérie a laissés derrière elle.

La main tendue par celui qui se veut le successeur du Général est à l’honneur de la France, qui accepte d’être l’offenseur après les Romains, les Vandales et les Arabes. Le territoire français a pour sa part été envahi dix fois et il continue de l’être. Aussi est-ce avec la bénédiction certaine de De Gaulle et de l’Émir Abdelkader – mystiques, résistants, démocrates, divinateurs, fusionnels – que le prochain quinquennat verra le retour l’un vers l’autre de deux peuples atlantes dont les veines charrient le vif-argent. Sans l’insistance de la France et l’humilité dont a fait preuve son président, l’Algérie pourrait se perdre, tomber dans les filets de la Russie, s’abîmer dans l’autocratie. Le réalisme affiché par  Paris depuis le Hirak ne peut pas déplaire à Alger. La Franchise fait partie du jeu. Les seules pommes de discorde qui subsistent entre les deux capitales sont le Sahara ex espagnol et Rabat ! Qui parle d’arrogance et d’inculture ? La presse a parfois la tête dans le guidon.

 

Le Maroc ? Le Maroc est avant tout un échangiste. Aussi n’est-il pas question de brouille entre la France et le Maroc mais de « froid » : la diplomatie de l’après-ski le cède à la diplomatie de la Mamounia – qui n’a plus le même effet sur Macron qu’hier elle avait encore sur Chirac. Rabat s’est rapproché de l’Espagne – c’est une bonne chose. Rabat se donne goulument à Israël – c’est autre chose. Paris affecte de ne pas s’offusquer des trente deniers d’argent que le Sahara espagnol coute au chérif au turban vert. Et Paris n’exprime aucune réprobation non plus contre les baisers mouillés du Maroc à l’Amérique. C’est parce que le vieux couple franco-marocain s’ennuie que le désamour s’y est installé. Le quota des visas accordés par la France aux migrants marocains est réduit en conséquence, mécaniquement, par simple homothétie. Pour ne fâcher personne, la mesure s’applique au Maghreb tout entier, ce qui n’est pas pour déplaire à la majorité des candidats à l’élection présidentielle. Tout ce qu’on demande désormais au Maroc, c’est de ne pas jouer demain les rabat-joie aux noces de diamant de l’Algérie avec la France ! Ce n’est pas prendre les choses de haut à la manière cavalière d’un Lyautey ayant l’aura de Résident de la France des Lumières.

Le Sahel. Le Sahel est l’un des enjeux majeurs de la mondialisation. Tout le monde veut s’approprier le Sahel. Dire que le Sahel est notre Afghanistan à nous est inapproprié, c’est hors-sujet. Le Sahel est un joyau que l’Algérie et le Maroc convoitent (et que briguait la Libye de Kadhafi), mais dont la plupart des pays d’Afrique subsaharienne revendiquent la possession. C’est le plus grand désert du monde. Il était autrefois l’apanage des grands empires continentaux : au Nord-Ouest, l’Empire chérifien, qui comprenait le Maroc, la Mauritanie et une partie du Mali actuel, et, au Centre, l’Empire de Songhaï, sillonné, dans sa partie Nord (à partir de Gao), par les Touaregs, les Toubous et les Peuhls. Lorsqu’il y a neuf ans, François Hollande a décidé de combattre à lui tout seul le terrorisme au Sahel (en commençant par le Mali), il aurait fallu qu’un officier des Affaires Indigènes puisse lui expliquer de quoi il retournait, mais les Spahis n’existent plus depuis belle lurette et le président Hollande prit cette expédition au Mali pour une excursion dans la banlieue ! À peu près comme Nicolas Sarkozy avec la Libye (à l’origine du sinistre) ! Ce double héritage de ses prédécesseurs était pour Macron, plus qu’un challenge, un défi impossible.

Le Mali actuel est composé à son tour de deux sous-ensembles ayant très peu de choses à voir l’un avec l’autre, celui de Gao (Songhaï) et celui de Bamako, ville noire qui est le siège de l’ancien Empire Mandingue, lequel englobait de grandes parties de la Guinée, le Sénégal, la Gambie, le Burkina Faso, et le Sud de la Mauritanie et qui connut son apogée au XIV e siècle : grosso modo, le Mali a deux cultures. Les Peuhls et les Dogons s’y écharpent en permanence. Le terrorisme a bon dos.

À la suite de l’Opération Serval, qui fut un succès, les soldats de l’Opération Barkhane, qui avaient à couvrir également les pays d’à-côté, eurent affaire avec une multiplicité d’organisations internationales : ils ne pouvaient plus aller que des unes aux autres au milieu d’une pétaudière. Les armes et les rebelles dévalaient de Libye comme la mérule ! L’ancien ministre du président Hollande, Jean-Yves Le Drian, un transfuge passé de la Défense à la Diplomatie, capable de communiquer par signes avec ses Frères, avait été repêché par la République en Marche ! La DGSE, ayant un ambassadeur pour maître-espion, lui emboîtait le pas. Le jeune président ne pouvait que faire confiance à de tels sachants. Dans son ouvrage « Le piège africain de Macron », l’excellent journaliste Antoine Glaser va tout dire !

De Gaulle avait songé à laisser à la France le Sahara (élargi à d’autres recoins du Sahel), pourtant déjà un nœud de trafics de drogues, d’esclaves, d’armes et d’épices, à la fois trop-plein de rage et d’appréhension (déjà un facteur de radicalisation) et carrefour de migrants. Mais à cette époque, c’était un océan de paix que De Gaulle renonça à conserver (alors qu’il aurait pu le garder mais pour le préserver), en pensant gagner le pari de la décolonisation. Voici ce qu’il disait en 1961 : « La décolonisation est notre intérêt et par conséquent notre politique. Pourquoi resterions-nous accrochés à des dominations coûteuses, sanglantes et sans issue, alors que notre pays est à renouveler de fond en comble ?[i] » Depuis, chaque potentat, chaque Frère de chaque État africain a son Russe ou son Américain, son Chinois ou son Israélien et le plus souvent les quatre, habillés de la même gandoura. Bref, que voulez-vous que fît Macron dans cette vaste loge ouverte à tous les vents ?

En 2021, une junte est mise au pouvoir à Bamako pour couper définitivement les ponts avec l’ancienne puissance coloniale : elle se jette dans les bras de mercenaires russes, d’émissaires turcs, de diplomates iraniens et d’hommes d’affaires chinois. Lorsque le président américain annonce qu’il retire les GI’s d’Afghanistan avant de leur faire quitter plus ou moins le Moyen-Orient pour se vouer à l’Amérique d’abord (America first), son homologue français décide d’en faire autant pour s’occuper de la France d’abord. Les évènements d’Ukraine vont lui donner raison. Il n’y a là ni amateurisme ni arrogance.

Les effets secondaires de sa courageuse décision, hélas, apparaîtront très vite. Les rats, qui sont des créatures intuitives, quittent le navire en perdition avant que celui-ci ne sombre : le Groupe Bolloré, dont la filiale de logistique « a le marché » des troupes spéciales françaises de l’Opération Barkhane, y compris celui – tout juste reconduit – de son retrait, cède les ports d’Afrique à une entreprise maritime italo-israélienne. C’est un adieu abominablement frustrant.

Le Liban… Tout le monde connaît le pays du Cèdre et des Zaïms. L’immense personnage qu’était l’Imam Moussa Sader s’était imposé il y a un demi-siècle au Levant par sa modération. Né en Iran d’une grande famille chiite libanaise, il resplendissait. Il sera tué. Les séquelles des guerres israélo-arabes et les conséquences de l’insurrection palestinienne continuaient de détruire à petit feu ce qui restait encore du Liban de la belle époque, celle que De Gaulle avait connue avant la Guerre. Arafat, Septembre Noir, le Hezbollah, le Hamas, tout cela est bien perçu. On reproche pas à Macron d’exalter des valeurs, mais de continuer à prêcher la modération. Les embrouilles de Rafik Hariri, la coupable faiblesse de Chirac à son endroit, ce n’est pas lui. C’est pour lui faire montre de sagesse que de refuser de condamner le Hezbollah, l’un des rares paratonnerres du coin ! C’est faire preuve de lucidité que d’incriminer en revanche le système féodal libanais – chrétiens, sunnites, druzes et chiites confondus. Cela n’a rien de romanesque que d’entreprendre de nettoyer les Écuries d’Augias. Le charisme personnel, l’empathie du président français aurait facilement eu raison – auprès de la jeunesse, entièrement conquise – de la situation, mais le « mis en examen » a eu le tort de commettre son ministre (des Affaires Étrangères) pour agir à sa place (comme on confie le soin à un majordome de mettre de l’ordre dans le domaine en son absence) ! Le Drian est allé dans sa campagne chercher un député marié à une avocate libanaise, membre du parti chrétien Kataeb, laquelle a mis son grain de sel à tort et à travers, dissipant bêtement le momentum. Emmanuel Macron n’est pas l’auteur de la bévue – de l’indélicatesse ! Le coup de pied donné dans la fourmilière portera ses fruits avec le temps, la Justice immanente étant loin d’être imminente. Tous les acteurs extérieurs de la région sont représentés sur place, chacun sur sa toile d’araignée et avec son venin propre : le prince héritier saoudien (MBZ), Bachar Al-Assad, l’Iran tentaculaire, le voisin israélien, les Turcs, les Russes et les sempiternels Américains. Sans compter les sommités de chaque religion. La France n’a pas insisté, sage résolution. Tout rentrera dans l’ordre initial du chaos.

L’Iran : si Biden n’était pas obsédé par les élections de mi-mandat (Midterms) – qu’il pourrait perdre en novembre 2022 – il aurait accepté de revenir sur le retrait américain des Accords de Vienne sur le nucléaire iranien. Il ne se soumettrait pas aujourd’hui au diktat d’Israël, tétanisé à l’idée que Téhéran puisse reprendre ses essais pour acquérir la bombe. C’est ce que l’on donne comme explication. En réalité l’argument ne tient pas. L’Iran se fout du monde, il manœuvre  comme un dieu. Au mieux, il agit de conserve avec la Russie, dans un jeu à quatre mains. La « vérité » est qu’Israël (i.e. les coalitions disparates qui le dirigent) a besoin de la pseudo-bombe iranienne pour exister : c’est le meilleur point d’appui qu’il a trouvé pour soulever l’univers arabe, pour organiser au tour de lui la division dans la panique – un affolement de circonstance, aiguillonné par ses diatribes. À défaut de cet épouvantail qu’il bichonne, la cause palestinienne continuerait d’embraser la péninsule, en faisant repartir des foyers jamais tout à fait éteints. Sinon les colons juifs ne pourraient plus grignoter la campagne, dunum après dunum ; les Accords d’Abraham n’auraient pas été conclus ; les pays arabes se seraient unis  ; le Yémen et la Syrie seraient restés debout ; Israël aurait été banalisé et Jérusalem serait toujours une ville ouverte.

À supposer que les dernières conditions posées à Vienne par l’Iran soient in fine refusées par Washington, on accusera Joe Biden d’avoir cédé devant Israël et son lobby au Congrès : il passera pour un mou ! Mais s’il acceptait de retirer les Gardiens de la liste des organisations terroristes, il passera aussi pour un mou. Lesdits Gardiens de la Révolution ne sont pourtant ni plus ni moins que des anciens combattants – comme les  « poilus » de la Guerre de 14/18. L’Iran a perdu un million et demi de jeunes dans sa guerre Iran/Irak (où l’Irak était l’agresseur) et trois autres millions de soldats y furent blessés. Les Fondations qui gèrent le « trésor de guerre » de l’IRG (Islamic Revolutionary Guards) sont assimilables à des caisses de retraite : saisir les retraites des anciens combattants n’est pas ce qu’il y a de plus joli. Quant à la Force Al-Qods, composée de troupes spéciales d’active comme en d’ailleurs aussi la France, son général en chef, Qassem Souleimani, est mort assassiné le 3 janvier 2020. Il semble que, pour certains, ce crime ne soit pas suffisant ! La France n’a pas toujours joué franc-jeu dans la région, en particulier lors des deux guerres déclenchées par l’Irak : Emmanuel Macron a poursuivi la seule politique intelligente qui est celle de l’équilibre mais avec plus de transparence, avec moins d’impudeur. Il a souvent été conduit à faire le grand-écart. Par trois fois, il est intervenu au cours des pourparlers de Vienne auprès du président Raïsi – avec plus de doigté que les négociateurs français sur le terrain, taxés d’être des néocons, comme Fabius en 2015. C’est à lui de choisir ses conseillers, à lui aussi de rectifier le tir de ses ministres. Il a prouvé qu’il savait le faire.

L’Ukraine, enfin. L’image de faiseur de paix du président français restera. Tout le monde s’accorde sur ce point. Ce n’est pas faire le malin que de garder le contact ! Quelle efficacité ? Ou plutôt, qui dit mieux ? Peut-être le Turc Erdogan, mais en vendant des drones à l’un et des calumets de paix à l’autre : sa position à cheval sur le Bosphore en fait le gardien du temple. La Guerre d’Ukraine a servi de révélateur Le gouvernement français retiendra des leçons de la Guerre d’Ukraine : avant tout, l’extrême danger de ne dépendre que d’un seul fournisseur (de Blé, de Gaz ou de Pétrole) et les avantages de l’énergie nucléaire ; ensuite, l’inconvénient de ne pas maîtriser sa propre défense face aux travers de l’OTAN et le fait que l’Allemagne soit désarmée ; enfin les limites de l’Union Européenne et le risque du réarmement de l’Allemagne réunifiée – au fond, tous les désagréments de la mondialisation et de l’optimisation extrême de l’échange.

Le constat est fait en France d’erreurs grossières faites hier. Les choix opérés par TotalEnergies, (avec TNK), Engie (en finançant Nord Stream 2) et les plus grandes banques françaises de suivre le mauvais exemple d’Angela Merkel (depuis qu’elle est là) et de Shell (à Sakhaline, dans le Gaz, depuis quinze ans) en investissant en Russie sans compter a permis à Vladimir Poutine de tenir la dragée haute à toute l’Europe du Nord. De tels investissements ont été « lancés » avant le règne du candidat Macron ! Si le tiers de ces mêmes placements avaient été faits – encore une fois « par exemple » – en Iran et dans le même domaine du Gaz, la face du monde en aurait été changée !

Généralement, la sécurité de la nation. Le porte-avions Charles de Gaulle est rentré à Toulon, après avoir croisé au large de la Syrie, pays-clef sur l’échiquier du grand Moyen-Orient (probablement était-ce à cet endroit du monde que le risque était le plus grand d’une seconde déflagration). Le Chef de l’État est le garant de la sécurité de la nation. Quelques généraux ont été critiques – insolents, voire prompts à faire de la politique. La main du candidat à sa propre réélection n’a pas tremblé.

Il n’y a pas eu en France de catastrophe, mais seulement quelques « ratées » : EDF en dislocation ; encore trop d’entreprises en délocalisation. Mais il y a une forêt de start-ups ! L’état des lieux est enviable. Le passage de relais se fera bien.

XH

[i] Charles de GAULLE (1890-1970), Conférence de presse, 11 avril 1961