La visite d’Emmanuel Macron en Syrie marque en même temps la fin de l’isolement du pays des Omeyades et le retour de la puissance mandataire qui souhaite établir avec Damas un solide partenariat aux plans politique, économique et culturel.
Au nom, justement, de cette Histoire commune qui dressait au Levant la culture et la langue françaises face au mur anglophone et anglophile que formait du triptyque Palestine-Transjordanie-Irak.
Ce bref séjour sur les rives du Barada marque la fin de l’isolement accentué par le régime des Assad qui lui a valu de dures sanctions occidentales appelées à être levées à la demande de Donald Trump, dans le cadre du redécoupage de la carte du Moyen-Orient afin d’assurer à Israël un avenir de paix et de prospérité.
Il faut dire qu’au lendemain du départ des troupes françaises qui occupaient la Syrie et son voisin libanais, un élan de patriotisme arabe avait provoqué des manifestations de rue avec saccage des devantures des « souks » libellées dans la langue de l’oppresseur.
Au moment même où les Libanais évitaient de tels excès pour maintenir et sauvegarder le riche patrimoine français qui a doté le pays de grandes écoles, universités et hôpitaux fondés par les ordres religieux.
Des archives diplomatiques de l’époque indiquent que la puissance mandataire volait instaurer en Syrie quatre entités étatiques sur des bases communautaires. A savoir deux Etats sunnites (Damas et Alep) un Etat alaouite au nord et un Etat druze au sud. Vive protestation du ministère des Finances qui se trouvait rue de Rivoli face au « coût énorme » que causeraient ces quatre Etats à un moment où la France figurait parmi les vainqueurs de la 2e guerre mondiale mais dont les finances ne permettaient pas de tels projets.
L’élan patriotique contre la France et la langue de Molière a engendré dans la Syrie ainsi unie une génération monolingue qui a ralenti considérablement son développement. Jusqu’au jour où les régimes issus des coups d’Etat successifs trouvèrent des alternatives russe, bulgare ou roumaines pour la formation de la nouvelle génération.
Aujourd’hui, c’est la France d’Emmanuel Macron qui revient pour combler cette lacune et instaurer un partenariat aux couleurs européennes qui donne aux entreprises françaises d’énormes opportunités dans les domaines de la reconstruction, de l’agro-alimentaire, de l’industrie, du pétrole, de la culture et du tourisme.
La présence de patrons de grandes entreprises françaises aux côtés du Président permettait de fonder de grands espoirs pour le développement multisectoriel qui sauvera la Syrie du cycle infernal des interminables guerres et connaître un avenir de prospérité, de paix et de stabilité.
Parallèlement, Emmanuel Macron a voulu lors de ses entretiens définir les contours de la nouvelle Syrie qui devra selon lui rétablir un climat d’ouverture et de tolérance que le terrorisme aveugle a dissipé de longues années durant.
Mais les terroristes ont voulu rappeler qu’ils sont toujours là et qu’ils peuvent encore passer à l’action et qu’ils sont toujours chez eux et pour encore un bon moment. Avec pour preuve les massacres et destructions dans les quartiers et lieux de culte chrétiens.
Des actes odieux qui ont suscité de courageuses condamnations des patriarches et autres chefs d’église établis là depuis Saint Paul.
Les deux charges explosives placés à proximité du palace où résidait l’hôte français ont brusquement ramené tout le monde à une triste réalité. Celle d’affirmer qu’entre le rêve et la réalité il y a encore du chemin à faire.
Ce double attentat et les mille et un crimes qui l’ont précédé auront marqué d’un gros point noir la fin des utopies…
E.M.
