A CHACUN SON ENNEMI

Pur hasard ou crime prémédité ?

L’assassinat de trois vaillants soldats accomplissant leur devoir au lendemain même de ce que l’on croyait être une amorce de « pax americana » ramène les Libanais à une triste réalité qui confirme que leur pays a un seul ennemi. 

Celui dont le porte-parole arabophone (et arabophobe…) nous expliquait au lendemain du crime que les deux officiers et le soldat circulaient en « zone interdite » en violation d’un simulacre de cessez-le-feu conclu à… Washington.

Que dire aux Libanais qui accusent d’autres compatriotes d’être responsables de ce qui passe dans le   sud du pays.

Que dire aux autres qui estiment que la résistance à l’ennemi est un devoir à accomplir quels qu’en soient les sacrifices.

A ces deux questions, une seule et même réponse qui est en fait une troisième interrogation doublée d’une constatation.

La question est comment en est-on arrivé à avoir deux ennemis dans la même guerre ?

La triste réponse serait de dire qu’il s’agit de deux Liban engagés dans une double guerre sur un seul et même champ de bataille.

Il faut attendre un sursaut, même tardif, qui comblerait le fossé entre les fils du pays du cèdre. 

Le souhaiter ardemment et réellement dans un seul et même élan de patriotisme bien pensé.

Ne rien faire est aujourd’hui un autre crime contre une patrie qui est à refaire après un siècle d‘indépendance encore… virtuelle. 

                                                                                                                                    E.M.