Najwa Abi Haidar
Al Markaziya – Avec la prise de fonction du représentant de la Chine auprès des Nations unies, Fu Cong, à la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de mai, des signaux internationaux notables ont émergé concernant l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un contexte d’évolutions régionales accélérées et de possibles ouvertures vers un nouveau processus de négociation entre le Liban et Israël.
Dans ce contexte, le représentant chinois a appelé à la nécessité de reconsidérer la décision de mettre fin au mandat de la FINUL à la fin de l’année en cours, exprimant les inquiétudes de son pays quant à la situation au Liban. Il a révélé avoir discuté de cette question avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, alors que le Secrétariat général envisage une révision globale de la présence de la force internationale, avec la présentation d’options alternatives prévue pour le mois de juin prochain.
Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, avait laissé entendre le mois dernier la possibilité de maintenir une forme de présence onusienne dans le sud du Liban, même en cas d’expiration du mandat actuel, ce qui reflète une orientation internationale visant à éviter tout vide sécuritaire dans la région.
Des sources diplomatiques ont indiqué à « Al Markaziya » que le sort de la FINUL au Liban restera lié à l’évolution des développements politiques et sécuritaires sur le terrain, ainsi qu’à la nature du rôle qui pourrait lui être confié en cas d’accord entre le Liban et Israël. Elles soulignent que le scénario le plus probable serait la poursuite de la présence de la force internationale, sous une forme éventuellement différente, afin de soutenir le déploiement de l’armée libanaise au sud, après son rééquipement et son renforcement, aux côtés de forces multinationales qui devraient être dirigées par les États-Unis et qui pourraient se déployer ultérieurement sur l’ensemble du territoire libanais. Elles n’excluent pas non plus que ces forces soient placées sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui leur permettrait de superviser la mise en œuvre de tout accord de paix et d’en empêcher l’entrave. Il est à noter que des pays européens et arabes avaient déjà informé le Liban de leur volonté de maintenir leurs troupes dans le sud dans un cadre international, jusqu’à la conclusion d’un règlement global et définitif, ces forces assumant un rôle d’observation durant la première phase transitoire.
Parallèlement, ces sources confirment que la France reste déterminée à appeler à une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, en parallèle à toute négociation potentielle, afin d’assurer le financement et les équipements nécessaires pour lui permettre d’accomplir ses missions dans le future
De leur côté, des sources ministérielles concernées ont indiqué à « Al Markaziya » que la prochaine phase pourrait être marquée par des développements décisifs, notamment la possibilité de lancer des négociations directes entre les deux parties, sans exclure l’hypothèse que le président de la République, Joseph Aoun, joue un rôle dans ce dossier, en s’appuyant sur ses relations internationales, en particulier avec le président américain Donald Trump, dans le but de favoriser le renouvellement du mandat de la FINUL ou la redéfinition de son rôle, surtout après des positions antérieures de Washington ayant soutenu la fin du mandat et son remplacement par une force multinationale.
Selon ces sources, l’avenir des forces internationales au Liban n’est pas encore tranché et demeure tributaire de l’évolution des ententes régionales et internationales, ainsi que des changements qu’elles pourraient entraîner dans les scènes libanaise et régionale, et de la capacité des parties concernées à élaborer une formule équilibrant les exigences de sécurité et de stabilité d’une part, et les grandes transformations politiques attendues d’autre part.
